Mis à jour le 24/11/2023
Découvrez le portrait du Pr David Moszkowicz, chef de service de chirurgie digestive de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP depuis septembre 2023 !
Cela a été une grande satisfaction pour moi quand j’ai été officialisé en tant que chef de service en septembre dernier. Cela engage et on se sent responsable vis-à-vis des équipes médicales et paramédicales. J’ai la chance d'être très soutenu et encouragé par mon équipe. Cela s’inscrit dans un projet collectif du développement du service.
En tant que PU-PH, on a toujours une triple fonction : une fonction clinique avec les patients, une fonction pédagogique en tant qu’enseignant à la faculté de médecine Paris Cité et une fonction de chercheur, à travers la recherche clinique et fondamentale. J’enseigne non seulement aux étudiants hospitaliers de 2e cycle mais aussi aux internes de 3e cycle puisque j’appartiens à la Commission pédagogique du DES de chirurgie viscérale et digestive. Je suis également chargé d'enseignement à l'école des infirmières de bloc opératoire.
En parallèle, j’enseigne dans le cadre de la formation continue des chirurgiens en exercice qui viennent se former auprès des experts. Je suis co-organisateur d’un Diplôme Inter-Universitaire de chirurgie de la paroi abdominale depuis 3 ans.
Pendant longtemps, la chirurgie de la paroi abdominale a désintéressé les chirurgiens universitaires car elle était considérée comme une sous discipline de la chirurgie digestive (alors qu’elle concerne la majorité des actes réalisés en France chaque année).
Désormais, grâce à notre nouvelle société savante de chirurgie pariétale (SFCP-CH), on se rend compte de l’intérêt porté par les chirurgiens. On peut espérer une réelle amélioration de la formation et des pratiques françaises.
Au quotidien, on se rend compte que la chirurgie de la paroi abdominale rend vraiment service aux patients. Il m’arrive régulièrement en consultation post-opératoire d’avoir des patients qui me tombent dans les bras et qui me disent avec beaucoup d’émotions « Je ne vous remercierai jamais assez ».
Je me souviens d’un patient qui était athlète de haut niveau et qui a eu un accident de vélo. Il ne pouvait plus rien faire. Je lui ai réparé sa paroi abdominale et lors de la consultation post-opératoire, il m’a dit « Ma nouvelle vie commence aujourd’hui ! ».
Il y a vraiment cette satisfaction de rendre service en améliorant la qualité de vie des patients. C’est très gratifiant ! Et c’est aussi le cas avec la chirurgie de l’obésité qui apporte un réel gain de qualité de vie, au-delà de tous les bénéfices connus pour la santé (rémission du diabète, augmentation de l’espérance de vie, réduction du risque de cancer).
Au sein du service, nous avons plusieurs projets qui sont en phase de mise en œuvre et de développement, comme l’accueil à J0, la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC), la chirurgie robotique (qui implique la collaboration de plusieurs services au sein du GHU AP-HP. Nord - @univ_paris_cite et la chirurgie bariatrique pédiatrique, en collaboration avec l’hôpital Robert-Debré.
A terme, on va devoir remplacer un praticien hospitalier qui partira à la retraite. J’aimerais également avoir un adjoint hospitalo-universitaire que j’accompagnerai dans sa formation et dans sa nomination. Cela nous permettrait de développer encore plus la spécialité de la chirurgie fonctionnelle, en lien avec le service de gastro-entérologie du Pr Benoit Coffin et du Pr Henri Duboc.
Travailler à l’hôpital Louis-Mourier est une chance. On a la possibilité d’exercer dans une petite structure familiale où on se connaît tous, on échange facilement et où on est bienveillant les uns envers les autres. On s’entraide tous.
Nous exerçons dans un hôpital qui est ancré dans le territoire et cela aide à la fidélisation du personnel. Cela créé une bonne qualité de vie au travail où l’on conserve l’activité et le personnel tout en prenant en charge correctement les patients.
Pour finir, mon conseil aux étudiants de médecine serait de ne pas oublier de rester des cliniciens. La médecine est un colloque singulier où le médecin échange d’abord avec son patient puis l’examine. Ce n’est qu’ensuite qu’on se tourne vers les explorations complémentaires et les traitements. Il ne faut pas oublier d’examiner et d’échanger avec les malades.
La chirurgie digestive est une spécialité où on est très attaché à nos patients puisqu’on les suit très attentivement sur la durée.
Enfin, à long terme, nous pédagogues, devrons réinventer notre façon de travailler pour nous adapter à l’arrivée des médecins des nouvelles générations. »
Nous remercions sincèrement le Pr Moszkowicz pour ces échanges très instructifs et pour sa forte implication au sein de l’hôpital Louis-Mourier ! Et nous lui adressons toutes nos félicitations pour sa nomination en qualité de chef de service !